Homme âgé en costume noir et lunettes, faisant un geste dans un bureau en bois.
Un homme âgé en costume noir et lunettes, dans un bureau en bois, gesticulant lors d’une réunion.

Quel est le rôle et quelles sont les responsabilités d’un mandataire ?

Au Québec, le mandataire est une personne autorisée à agir pour le compte d’une autre personne. Selon les circonstances, ses pouvoirs peuvent découler d’un mandat ordinaire, souvent associé à une procuration, ou d’un mandat de protection destiné à produire ses effets lorsque la personne qui l’a établi devient inapte à prendre soin d’elle-même ou à administrer ses biens.

Même si le terme « mandataire » peut désigner différents types de représentants, le principe demeure semblable : le mandataire ne devient pas propriétaire des biens ou des droits qu’il administre. Il agit pour une autre personne et doit exercer les pouvoirs qui lui ont été confiés dans les limites de son mandat.

Cette distinction est particulièrement importante lorsque le mandataire a accès à des comptes bancaires, des placements, des immeubles ou d’autres biens importants. Le pouvoir d’administrer les biens d’une personne ne signifie pas que le mandataire peut les traiter comme s’ils lui appartenaient.

Qu’est-ce qu’un mandataire au Québec ?

Le mandat permet à une personne, le mandant, de confier à une autre personne, le mandataire, le pouvoir d’accomplir certains actes en son nom.

Le mandat peut être très limité. Une personne peut, par exemple, autoriser son représentant à signer un document précis, effectuer une transaction ou accomplir certaines démarches auprès d’une institution. Le mandat peut également être plus large et permettre l’administration de différentes affaires financières ou patrimoniales.

L’étendue des pouvoirs du mandataire dépend donc largement du contenu du mandat.

Un mandataire ne devrait pas présumer qu’une autorisation générale lui permet d’effectuer n’importe quelle transaction. Les banques, organismes gouvernementaux, notaires et autres institutions peuvent également demander une preuve suffisante de ses pouvoirs avant d’accepter ses instructions.

Quelles sont les principales responsabilités du mandataire ?

Le mandataire doit agir avec prudence, honnêteté et conformément au mandat qui lui a été confié.

Il doit notamment comprendre l’étendue réelle de ses pouvoirs, les exercer aux fins pour lesquelles ils lui ont été accordés et éviter de dépasser les limites du mandat.

Lorsqu’il administre des biens, le mandataire devrait normalement conserver suffisamment de documents pour être en mesure d’expliquer les sommes reçues, payées ou transférées ainsi que les autres opérations effectuées dans le cadre de son administration.

Selon la nature du mandat, une bonne administration peut notamment nécessiter la conservation des factures et reçus, des relevés bancaires et des documents relatifs aux transactions importantes.

Une tenue de dossiers rigoureuse devient particulièrement importante lorsque l’administration s’étend sur plusieurs années ou porte sur des biens de valeur importante.

Le mandataire devient-il propriétaire des biens qu’il administre ?

Non. Le fait d’avoir un pouvoir de signature, un accès à un compte bancaire ou des pouvoirs étendus d’administration ne rend pas le mandataire propriétaire des biens du mandant.

La distinction entre propriété et administration doit demeurer claire.

Par exemple, avoir accès à un compte bancaire afin d’en assurer l’administration ne signifie pas nécessairement que le mandataire peut utiliser les sommes à des fins personnelles. De même, le pouvoir d’administrer un immeuble ne permet pas automatiquement au mandataire de se le transférer, d’en faire donation ou de l’utiliser à des fins étrangères au mandat.

Les transactions qui procurent un avantage personnel au mandataire peuvent devenir particulièrement problématiques lorsque le mandat ne les autorise pas clairement.

Quelle est la différence entre une procuration et un mandat de protection ?

Cette distinction est fondamentale.

Un mandat ordinaire ou une procuration permet généralement à une personne d’autoriser un représentant à agir pour elle alors qu’elle demeure apte à prendre ses propres décisions. Une procuration peut notamment être utilisée pour des affaires bancaires, immobilières, commerciales ou administratives.

Le mandat de protection poursuit un objectif différent. Il est établi en prévision de l’inaptitude et prévoit qui devra prendre soin de la personne, administrer ses biens, ou assumer ces deux responsabilités si elle devient inapte.

Le mandat de protection ne devient généralement pas pleinement opérationnel simplement parce que des proches estiment que la personne n’est plus capable d’administrer ses affaires. Un processus formel est normalement nécessaire afin de constater l’inaptitude et de donner effet au mandat.

La personne désignée comme mandataire dans un mandat de protection ne devrait donc pas présumer que le document lui confère immédiatement le pouvoir d’agir.

Quel est le rôle du mandataire dans un mandat de protection ?

Les responsabilités du mandataire dépendent du contenu du mandat de protection.

Le mandataire peut être responsable de la protection et du bien-être de la personne inapte, de l’administration de ses biens, ou des deux. Le mandat peut également répartir ces responsabilités entre plusieurs personnes.

L’administration des biens peut notamment comprendre le paiement des dépenses courantes, la gestion des comptes, l’entretien des immeubles, la gestion des placements, la perception des revenus et les communications avec les institutions financières.

Les responsabilités relatives à la personne peuvent notamment concerner son milieu de vie, certains aspects de ses soins et son bien-être général, selon les pouvoirs accordés et les circonstances.

Le mandataire doit toujours garder à l’esprit que son rôle existe dans l’intérêt et pour la protection de la personne représentée.

Le mandataire doit-il conserver des documents et rendre compte de son administration ?

La conservation de documents constitue l’une des principales mesures de protection lorsqu’une personne administre les biens d’une autre.

Le mandataire devrait être en mesure de distinguer les opérations du mandant de ses propres opérations et d’expliquer les mouvements importants de fonds ou de biens.

L’étendue de la reddition de comptes peut varier selon le type de mandat et les circonstances. Une documentation insuffisante peut néanmoins créer des difficultés considérables.

Plusieurs années plus tard, des membres de la famille, des héritiers, un autre représentant ou d’autres personnes intéressées peuvent s’interroger sur certains retraits, transferts, dépenses ou dispositions de biens. Même une transaction parfaitement légitime peut devenir difficile à expliquer si aucune pièce justificative n’a été conservée.

Il est donc préférable de mettre en place une méthode rigoureuse de tenue des dossiers dès le début de l’administration plutôt que d’attendre qu’un différend survienne.

Le mandataire peut-il utiliser l’argent du mandant pour ses dépenses personnelles ?

Le mandataire ne devrait pas considérer les biens du mandant comme une source de fonds personnels.

L’utilisation personnelle des sommes appartenant au mandant peut créer un conflit entre les intérêts du mandataire et ceux de la personne qu’il représente.

La situation peut être plus complexe lorsque le mandataire et le mandant partagent déjà certaines dépenses, sont copropriétaires de biens ou avaient l’habitude de s’effectuer des transferts d’argent. Dans de telles circonstances, une documentation particulièrement rigoureuse est importante, puisque la distinction entre une transaction légitime et un avantage personnel non autorisé peut éventuellement être contestée.

Le fait que le mandataire soit le conjoint, l’enfant, le frère, la sœur ou un autre proche du mandant ne fait pas disparaître les responsabilités liées à l’administration des biens d’autrui.

Le mandataire peut-il faire des donations ?

Le mandataire doit être particulièrement prudent lorsqu’il est question de donations ou de transactions qui diminuent le patrimoine du mandant sans contrepartie correspondante.

La possibilité d’effectuer de telles transactions dépend notamment des pouvoirs conférés et des circonstances. Un pouvoir général d’administration ne devrait pas automatiquement être interprété comme une autorisation illimitée de donner les biens du mandant.

La question devient particulièrement délicate lorsque les donations sont faites au mandataire lui-même, à des membres de sa famille ou à certains futurs héritiers.

Lorsque l’étendue des pouvoirs est incertaine, il est généralement préférable de la clarifier avant d’effectuer une transaction importante plutôt que de devoir la justifier par la suite.

Qu’est-ce qu’un conflit d’intérêts pour un mandataire ?

Un conflit d’intérêts peut survenir lorsque les intérêts personnels du mandataire entrent en concurrence avec ceux de la personne qu’il représente.

Il peut notamment être question de vendre un bien à soi-même, de transférer des sommes dans son compte personnel, d’acquérir un bien du mandant à un prix contestable, d’annuler une dette que le mandataire doit au mandant ou d’organiser une transaction dont le principal bénéficiaire est le mandataire.

Toute transaction impliquant personnellement un mandataire n’est pas nécessairement irrégulière. Toutefois, une transaction dans laquelle le mandataire possède un intérêt personnel exige une attention particulière au contenu du mandat, aux circonstances et aux intérêts de la personne représentée.

La transparence et la documentation prennent alors une importance considérable.

Un mandataire peut-il vendre un immeuble ?

Un mandataire peut, dans certaines circonstances, être autorisé à effectuer des opérations concernant un immeuble. L’existence et l’étendue de ce pouvoir doivent toutefois être déterminées à partir du mandat et de la nature de la transaction envisagée.

La vente d’un immeuble constitue une opération importante. Le mandataire devrait vérifier que ses pouvoirs sont suffisants et que les formalités applicables peuvent être respectées.

Des préoccupations supplémentaires peuvent survenir lorsque l’acheteur est le mandataire, un membre de sa famille ou une personne qui lui est liée. La transaction peut alors soulever des questions relatives au conflit d’intérêts, à la valeur du bien et à l’intérêt réel de la personne représentée.

Le mandataire peut-il déléguer ses responsabilités ?

Le mandataire ne devrait pas présumer que les responsabilités qui lui ont été personnellement confiées peuvent simplement être transférées à une autre personne.

Il est toutefois fréquent et parfois nécessaire d’obtenir l’assistance de professionnels pour certaines tâches. Des comptables, professionnels en placement, gestionnaires immobiliers ou autres spécialistes peuvent contribuer à l’administration.

Obtenir une assistance professionnelle n’équivaut cependant pas nécessairement à transférer à un tiers les pouvoirs décisionnels du mandataire.

Il convient donc de vérifier le contenu du mandat et la nature des responsabilités concernées avant de permettre à une autre personne d’agir.

Le mandataire a-t-il droit à une rémunération ?

Le droit du mandataire à une rémunération peut dépendre du type de mandat, de son contenu et des circonstances.

Le remboursement des dépenses légitimes engagées dans l’exercice du mandat doit également être distingué de la rémunération versée pour le temps et le travail du mandataire.

Le mandataire devrait donc éviter de déterminer lui-même une rémunération et de la prélever sur les biens administrés sans avoir d’abord vérifié qu’il existe un fondement approprié pour le faire.

Les dépenses et toute rémunération reçue devraient être clairement documentées.

Que se passe-t-il lorsque plusieurs mandataires sont désignés ?

Un mandat peut désigner plus d’un mandataire.

Le document peut exiger qu’ils agissent ensemble, attribuer des responsabilités différentes à chacun ou prévoir un autre mécanisme de prise de décisions.

Par exemple, un mandataire peut être responsable de la personne tandis qu’un autre administre les biens. Le mandat peut également exiger la participation de deux personnes pour certaines décisions financières.

Lorsque plusieurs mandataires sont désignés, le contenu du mandat devient particulièrement important. Un mandataire ne devrait pas présumer qu’il peut agir seul lorsque le document exige une action conjointe.

Les désaccords entre mandataires peuvent également nuire à l’administration et nécessiter une solution formelle lorsqu’ils ne peuvent être résolus.

Que se passe-t-il si le mandataire dépasse ses pouvoirs ?

Les actes accomplis au-delà des pouvoirs conférés par le mandat peuvent entraîner d’importantes conséquences juridiques et financières.

La transaction peut être contestée, le mandataire peut devoir expliquer son administration et des questions de remboursement ou de responsabilité personnelle peuvent se poser.

Les conséquences dépendent notamment de la nature de l’acte, des pouvoirs du mandataire, des effets de la transaction et du préjudice éventuellement subi par la personne représentée.

Lorsqu’un doute existe quant à l’étendue du mandat, il est donc préférable de le résoudre avant d’effectuer une transaction importante.

Peut-on remplacer un mandataire ?

Des difficultés peuvent survenir lorsqu’un mandataire est incapable ou refuse d’exercer son rôle, ne communique pas adéquatement, ne conserve pas de documents suffisants, se trouve dans une situation sérieuse de conflit d’intérêts ou est soupçonné de mauvaise administration.

La solution dépend notamment du fait qu’il s’agisse d’un mandat ordinaire ou d’un mandat de protection ainsi que de la situation de la personne représentée.

Lorsque le mandant demeure apte, il dispose généralement d’un contrôle beaucoup plus important sur la question de savoir si une autre personne doit continuer à agir en son nom.

Lorsque le mandat de protection est en vigueur en raison de l’inaptitude du mandant, le remplacement du mandataire peut être plus complexe et nécessiter une intervention formelle.

Que devient le mandat au décès du mandant ?

Le mandat ne doit pas être confondu avec l’administration d’une succession.

Le décès du mandant modifie fondamentalement la situation juridique. Une personne qui avait le pouvoir d’administrer ses affaires de son vivant ne devrait pas présumer que les mêmes pouvoirs se poursuivent après son décès.

Après le décès, les biens du défunt sont plutôt administrés dans le cadre de la succession par le liquidateur ou les autres personnes légalement autorisées à agir.

Cette transition démontre également l’importance de conserver des documents adéquats. Les opérations effectuées par le mandataire avant le décès peuvent devoir être expliquées afin d’identifier correctement les biens, les dettes et l’historique financier du défunt.

Les héritiers peuvent-ils questionner l’administration d’un ancien mandataire ?

Après le décès du mandant, certaines transactions effectuées pendant qu’une procuration ou un mandat de protection était utilisé peuvent soulever des questions.

Les héritiers peuvent notamment découvrir des retraits, transferts, ventes ou donations dont ils ignorent la raison. L’existence de telles opérations ne démontre pas automatiquement une mauvaise administration, mais des transactions inexpliquées peuvent être à l’origine d’un différend.

Les relevés financiers, factures, contrats, reçus et autres documents d’administration peuvent permettre de déterminer ce qui a été fait et pour quelles raisons.

Lorsque des opérations importantes demeurent inexpliquées, des vérifications supplémentaires ou des démarches plus formelles peuvent devenir nécessaires.

Problèmes fréquents liés à l’administration d’un mandataire

Les différends impliquant un mandataire découlent souvent de pouvoirs mal définis, d’une documentation insuffisante ou de conflits familiaux.

Les difficultés les plus courantes comprennent notamment :

  • l’incertitude quant au pouvoir d’effectuer une transaction;
  • la confusion entre les fonds du mandataire et ceux du mandant;
  • les retraits en espèces sans pièces justificatives;
  • les transferts au mandataire ou à ses proches;
  • les désaccords concernant la rémunération;
  • les donations effectuées à même les biens du mandant;
  • l’absence de factures ou de relevés bancaires;
  • les conflits entre plusieurs mandataires;
  • la poursuite d’opérations alors que les pouvoirs du mandataire ont changé ou pris fin;
  • le refus de fournir des renseignements concernant l’administration.

Plusieurs de ces problèmes peuvent être évités lorsque l’administration est considérée dès le départ comme une responsabilité distincte qui doit être documentée.

Précautions pratiques pour le mandataire

Avant d’entreprendre une administration importante des biens, le mandataire devrait comprendre précisément la source et les limites de ses pouvoirs.

Des dossiers distincts et organisés devraient être conservés pendant toute la durée de l’administration. Les décisions financières importantes devraient être documentées, et les transactions susceptibles de procurer un avantage personnel au mandataire devraient faire l’objet d’une attention particulière.

Lorsque le mandat est ambigu, qu’une transaction est inhabituelle ou que des intérêts opposés sont en jeu, clarifier la situation avant d’agir peut éviter un différend beaucoup plus important par la suite.

Le mandataire est un représentant et non un propriétaire substitut

Le principe essentiel est simple : le mandataire reçoit des pouvoirs, et non la propriété des biens.

Qu’il agisse en vertu d’une procuration ou d’un mandat de protection, le mandataire occupe une position de responsabilité. Il doit respecter les limites du mandat, administrer les biens avec soin, conserver une documentation adéquate, éviter les avantages personnels inappropriés et demeurer en mesure d’expliquer les décisions prises pour le compte de la personne représentée.

Une bonne compréhension de cette distinction protège à la fois la personne dont les affaires sont administrées et le mandataire qui a accepté cette responsabilité.

Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.

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