Mettre fin (liquider) d’une fiducie
Mettre fin (liquider) d’une fiducie

Comment liquider (mettre fin) à une fiducie au Québec?

La liquidation (ou extinction) d’une fiducie au Québec est régie par le Code civil du Québec, qui conçoit la fiducie comme un patrimoine d’affectation autonome administré par le fiduciaire. Une fiducie ne prend pas fin automatiquement, mais seulement lorsque survient l’un des motifs reconnus par la loi, notamment l’expiration du terme, la réalisation ou l’impossibilité de l’objet, ou encore l’extinction des droits des bénéficiaires. En outre, la fiducie est limitée dans le temps et prend fin lorsque les droits portant sur le capital et les revenus cessent d’exister.

Lorsque la fiducie arrive à son terme, le fiduciaire doit procéder à la liquidation du patrimoine fiduciaire. Cette étape implique la finalisation de l’administration, la réalisation des biens, le paiement des dettes et charges, ainsi que la préparation d’une reddition de compte finale. Le fiduciaire demeure tenu à ses obligations de loyauté et de prudence jusqu’à la clôture complète de la fiducie.

Une étape essentielle de la liquidation consiste en la remise des biens aux bénéficiaires ou aux personnes désignées dans l’acte constitutif. Le fiduciaire doit respecter strictement les modalités prévues par cet acte, tant quant à l’identité des bénéficiaires que quant au mode de distribution. En cas d’ambiguïté ou de difficulté, le tribunal peut être saisi afin de trancher ou de donner des directives quant à l’exécution de la fiducie.

Le jugement Succession de Marzalik illustre l’approche des tribunaux québécois en matière de fin de fiducie : l’analyse ne repose pas uniquement sur des critères formels, mais sur la question de savoir si l’objet de la fiducie a été atteint ou s’il subsiste une utilité réelle à sa continuation. Cette approche confirme que la fiducie ne doit pas être maintenue artificiellement lorsque sa finalité est accomplie ou devenue irréalisable.

Enfin, la liquidation d’une fiducie comporte des conséquences fiscales importantes. Les fiducies sont assujetties à des obligations fiscales continues, et leur terminaison peut entraîner la réalisation de revenus ou de gains en capital. Le fiduciaire doit s’assurer que toutes les déclarations requises sont produites et que les impôts sont acquittés avant la distribution finale, faute de quoi sa responsabilité personnelle pourrait être engagée.

Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.

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