
L’arbitrage dans les litiges contractuels au Québec
Les litiges contractuels font partie de la réalité des entreprises, des entrepreneurs et des organisations. Qu’il s’agisse d’un défaut de paiement, d’un manquement contractuel, d’un retard de livraison, d’un conflit entre partenaires d’affaires ou d’un désaccord sur l’interprétation d’un contrat, il existe plusieurs façons de régler un différend sans passer devant les tribunaux.
Au Québec, l’arbitrage constitue un mode de règlement des différends reconnu par la loi. Il permet aux parties de confier leur litige à un arbitre indépendant dont la décision est généralement finale et exécutoire.
Voici ce qu’il faut savoir sur l’arbitrage des litiges contractuels au Québec.
Qu’est-ce que l’arbitrage?
L’arbitrage est un processus privé de règlement des différends par lequel les parties conviennent qu’un arbitre indépendant tranchera leur conflit plutôt qu’un juge.
Contrairement à la médiation, où le médiateur aide les parties à négocier sans imposer de solution, l’arbitre rend une décision appelée sentence arbitrale, laquelle possède généralement la même force qu’un jugement une fois reconnue par le tribunal.
Au Québec, l’arbitrage est principalement encadré par :
- le Code civil du Québec;
- le Code de procédure civile.
Quels litiges contractuels peuvent être soumis à l’arbitrage?
L’arbitrage est fréquemment utilisé pour résoudre notamment :
- les manquements contractuels;
- les factures impayées;
- les conflits entre associés;
- les différends entre actionnaires;
- les contrats de construction;
- les contrats de distribution;
- les contrats de services;
- les contrats de franchise;
- les contrats technologiques;
- les contrats de licence;
- les contrats commerciaux internationaux.
L’arbitrage est particulièrement apprécié dans le monde des affaires pour sa souplesse et sa rapidité.
La clause d’arbitrage
De nombreux contrats commerciaux comportent une clause d’arbitrage.
Cette clause prévoit qu’en cas de litige, les parties renoncent au recours devant les tribunaux pour soumettre leur différend à un arbitre.
Une clause bien rédigée précise notamment :
- si l’arbitrage est obligatoire;
- le nombre d’arbitres;
- la langue de l’arbitrage;
- le lieu de l’arbitrage;
- les règles de procédure applicables;
- le mode de nomination de l’arbitre.
Lorsqu’elle est valide, cette clause est généralement respectée par les tribunaux québécois.
Peut-on choisir l’arbitrage après la naissance du conflit?
Oui.
Même en l’absence d’une clause d’arbitrage dans le contrat initial, les parties peuvent convenir ultérieurement de soumettre leur litige à l’arbitrage.
Cette solution est souvent retenue lorsque les deux parties souhaitent éviter des procédures judiciaires longues et coûteuses.
Les avantages de l’arbitrage
Confidentialité
L’arbitrage est généralement confidentiel.
Les informations financières, les secrets commerciaux, les stratégies d’affaires et les documents sensibles demeurent habituellement à l’abri des audiences publiques.
Rapidité
Les procédures arbitrales peuvent souvent être complétées plus rapidement que les procédures judiciaires traditionnelles.
Expertise
Les parties peuvent choisir un arbitre possédant une expertise particulière dans un secteur comme :
- la construction;
- les technologies;
- les finances;
- l’ingénierie;
- les contrats commerciaux;
- les affaires internationales.
Souplesse
Les parties peuvent adapter plusieurs aspects de la procédure selon leurs besoins, notamment :
- les échéanciers;
- les échanges de documents;
- le déroulement des audiences;
- certaines règles procédurales.
Décision finale
La sentence arbitrale est généralement finale.
Les possibilités de contestation devant les tribunaux sont limitées à des situations prévues par la loi.
Les inconvénients possibles
L’arbitrage n’est pas toujours la meilleure solution.
Selon le dossier, il peut notamment présenter certains désavantages :
- honoraires de l’arbitre;
- frais administratifs;
- possibilités d’appel très limitées;
- divulgation documentaire parfois plus restreinte;
- coûts importants dans les dossiers très complexes.
Chaque entreprise devrait donc évaluer si l’arbitrage convient au type de contrat concerné.
L’arbitrage est-il obligatoire?
Pas nécessairement.
L’arbitrage devient généralement obligatoire uniquement lorsque :
- le contrat contient une clause d’arbitrage valide; ou
- les parties conviennent d’y recourir après la naissance du litige.
À défaut, les différends contractuels sont normalement entendus par les tribunaux du Québec.
La sentence arbitrale peut-elle être exécutée?
Oui.
Une fois reconnue par la Cour supérieure du Québec, la sentence arbitrale peut généralement être exécutée comme un jugement.
Les sentences arbitrales internationales peuvent également être reconnues au Canada conformément aux conventions internationales applicables.
Arbitrage ou médiation?
Ces deux modes de règlement sont souvent confondus.
La médiation
- négociation volontaire;
- le médiateur ne tranche pas le litige;
- les parties conservent le contrôle;
- une entente n’existe que si les deux parties y consentent.
L’arbitrage
- un arbitre rend une décision;
- la décision est obligatoire;
- la sentence est exécutoire;
- le litige est généralement réglé de manière définitive.
Plusieurs contrats commerciaux prévoient d’ailleurs une médiation obligatoire avant le recours à l’arbitrage.
L’arbitrage dans les contrats internationaux
L’arbitrage occupe une place importante dans les contrats commerciaux internationaux, notamment parce qu’il permet :
- un forum neutre;
- une meilleure reconnaissance internationale des décisions;
- une grande flexibilité procédurale;
- des audiences dans plusieurs langues;
- le recours à des arbitres spécialisés.
Quand privilégier l’arbitrage?
L’arbitrage est souvent particulièrement adapté lorsque :
- la confidentialité est essentielle;
- le litige présente un caractère technique;
- les parties souhaitent une procédure plus souple;
- elles désirent préserver leur relation d’affaires;
- le contrat comporte un élément international;
- une résolution plus rapide est recherchée.
Au Québec, l’arbitrage des litiges contractuels est devenu un outil incontournable pour résoudre de nombreux conflits commerciaux. Encadré par le Code civil du Québec et le Code de procédure civile, il offre aux entreprises une solution souvent plus confidentielle, plus flexible et plus rapide que les procédures judiciaires traditionnelles. Avant de conclure un contrat commercial, il est donc judicieux de comprendre les effets d’une clause d’arbitrage et les conséquences qu’elle peut avoir sur le règlement d’un futur litige.
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