
Promesse d’achat – Existe-t-il un moyen de s’en dégager?
La promesse d’achat constitue l’un des documents juridiques les plus importants dans une transaction immobilière au Québec. Plusieurs acheteurs et vendeurs croient qu’il s’agit simplement d’une étape de négociation et qu’ils pourront facilement changer d’idée par la suite. En réalité, une promesse d’achat acceptée devient généralement un véritable contrat obligatoire.
Si vous avez signé une promesse d’achat pour une maison, un condominium, un duplex ou un autre immeuble et souhaitez maintenant vous en retirer, vous vous demandez probablement s’il existe un moyen de vous en dégager. La réponse dépend des clauses du contrat ainsi que des règles prévues par le Code civil du Québec.
Voici comment fonctionne une promesse d’achat et dans quelles situations il peut être possible d’y mettre fin.
La promesse d’achat est-elle un contrat obligatoire?
Oui.
Dès que le vendeur accepte la promesse d’achat conformément à ses modalités, celle-ci devient généralement un contrat exécutoire.
L’acheteur s’engage alors à acheter l’immeuble et le vendeur à le vendre.
Contrairement à ce que plusieurs pensent, il n’existe généralement pas, au Québec, de délai automatique permettant d’annuler une promesse d’achat simplement parce que l’on a changé d’idée.
Comment un acheteur peut-il se dégager d’une promesse d’achat?
Cela dépend principalement des conditions prévues au contrat.
Une promesse d’achat comporte fréquemment des conditions relatives :
- à l’obtention du financement;
- à une inspection satisfaisante;
- à l’examen des documents de copropriété;
- à la vente de l’immeuble de l’acheteur;
- aux vérifications municipales ou réglementaires.
Si l’une de ces conditions n’est pas remplie conformément au contrat, l’acheteur peut parfois mettre fin à la transaction sans engager sa responsabilité.
Il devra toutefois respecter les délais, les modalités prévues et agir de bonne foi.
Le vendeur peut-il annuler la vente?
En règle générale, non.
Une fois la promesse d’achat acceptée, le vendeur ne peut habituellement pas se retirer simplement parce qu’il :
- reçoit une meilleure offre;
- constate que le marché immobilier a augmenté;
- décide finalement de conserver sa maison;
- modifie ses projets personnels.
Un tel refus pourrait entraîner des recours judiciaires.
Que se passe-t-il si l’une des parties refuse de signer chez le notaire?
Le refus de compléter la vente peut entraîner plusieurs conséquences.
Selon les circonstances, l’autre partie pourrait réclamer :
- des dommages-intérêts;
- le remboursement des frais encourus;
- un jugement remplaçant l’acte de vente (jugement tenant lieu d’acte);
- tout autre recours prévu par le droit québécois.
Chaque dossier dépend toutefois des faits particuliers.
Peut-on annuler après une inspection?
Parfois.
Si la promesse d’achat prévoit une condition d’inspection et que celle-ci révèle des problèmes importants répondant aux critères du contrat, il peut être possible :
- d’annuler la promesse d’achat;
- de renégocier le prix;
- d’exiger certaines réparations;
- de modifier l’entente.
Tout dépend de la rédaction précise de la clause d’inspection et de la gravité des défauts constatés.
Peut-on se dégager si le financement est refusé?
Oui, dans certains cas.
Lorsque la promesse d’achat est conditionnelle à l’obtention d’un prêt hypothécaire, l’acheteur peut parfois mettre fin au contrat si le financement lui est refusé malgré des démarches sérieuses et raisonnables.
Chaque clause de financement doit toutefois être interprétée selon son contenu.
Les deux parties peuvent-elles annuler la promesse d’achat?
Oui.
Les parties peuvent toujours convenir ensemble de mettre fin au contrat.
Une entente écrite pourra notamment prévoir :
- l’annulation de la promesse d’achat;
- le sort du dépôt;
- la renonciation à certains recours.
Que devient le dépôt?
Le traitement du dépôt dépend notamment :
- des clauses de la promesse d’achat;
- des circonstances ayant mené à l’annulation;
- de l’existence ou non d’un manquement contractuel;
- des ententes conclues entre les parties.
Le dépôt n’est pas automatiquement perdu parce que la vente ne se réalise pas.
Peut-on annuler parce qu’on a changé d’idée?
En règle générale, non.
Le simple fait de regretter son achat, de trouver une autre maison, de voir les taux d’intérêt évoluer ou de modifier ses projets personnels ne permet habituellement pas de se dégager d’une promesse d’achat.
Chaque promesse d’achat est unique
La possibilité de mettre fin à une promesse d’achat dépend notamment :
- des clauses du contrat;
- des conditions réalisées ou non;
- des communications entre les parties;
- du Code civil du Québec;
- de la jurisprudence applicable.
Une analyse juridique est souvent essentielle avant de prendre une décision.
Comment un avocat peut-il vous aider?
Un avocat en droit immobilier peut notamment :
- analyser votre promesse d’achat;
- déterminer s’il existe un moyen légal de vous en dégager;
- expliquer vos droits et obligations;
- négocier avec l’autre partie;
- préparer une entente de résiliation;
- vous représenter devant les tribunaux, au besoin.
Au Québec, une promesse d’achat constitue généralement un contrat obligatoire. Même s’il existe parfois un moyen de s’en dégager, notamment lorsque certaines conditions ne sont pas remplies ou lorsque les parties s’entendent, il est rarement possible d’annuler simplement parce que l’on a changé d’idée.
Avant de tenter d’annuler une promesse d’achat concernant une maison ou tout autre immeuble, il est fortement recommandé de faire analyser le contrat afin de déterminer comment exercer vos droits tout en limitant les risques juridiques.
Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.
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