Partage des biens matrimoniaux
Partage des biens matrimoniaux

PArtage des biens matrimoniaux au Québec – comment cela fonctionne

Au Québec, le partage des biens matrimoniaux est principalement régi par la notion de patrimoine familial, qui s’applique automatiquement aux époux mariés et aux conjoints unis civilement, peu importe leur régime matrimonial. Le patrimoine familial vise à assurer une égalité économique entre les conjoints lors d’une séparation, d’un divorce, d’une annulation de mariage ou d’un décès. Il s’agit d’une règle d’ordre public à laquelle les conjoints ne peuvent renoncer à l’avance par entente.

Le patrimoine familial comprend certaines catégories précises de biens acquis pendant le mariage ou l’union civile, soit les résidences familiales, les meubles qui les garnissent, les véhicules utilisés pour les déplacements de la famille et les droits accumulés dans les régimes de retraite. La propriété du bien n’est pas déterminante : même si un bien est au nom d’un seul conjoint, il peut faire partie du patrimoine familial et être partagé également. La valeur des biens est généralement établie à la date de la séparation ou du décès.

Une fois la valeur nette du patrimoine familial déterminée — après déduction des dettes qui s’y rattachent — chaque conjoint a, en principe, droit à la moitié de cette valeur. Le partage se fait le plus souvent en valeur monétaire, de sorte qu’un conjoint peut indemniser l’autre sans qu’il y ait transfert matériel du bien. Le tribunal peut toutefois ordonner un partage inégal dans des circonstances exceptionnelles, notamment en cas de faute économique ou de mariage de très courte durée.

En plus du patrimoine familial, les conjoints peuvent posséder des biens assujettis à leur régime matrimonial, comme la société d’acquêts ou la séparation de biens. Les biens exclus du patrimoine familial — par exemple certaines entreprises, placements ou héritages — peuvent néanmoins être partageables selon le régime applicable. Il est donc essentiel d’analyser à la fois le patrimoine familial et le régime matrimonial.

Enfin, la division des biens matrimoniaux au Québec implique souvent des négociations, des divulgations financières et, dans certains cas, des évaluations par des experts. Bien que les conjoints puissent parvenir à une entente par la négociation ou la médiation, l’intervention du tribunal peut s’avérer nécessaire en cas de litige. Compte tenu du caractère technique et impératif des règles applicables, il est fortement recommandé d’obtenir des conseils juridiques afin de protéger adéquatement vos droits et obligations.

Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.

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