Avocat en succession et une entreprise
Avocat en succession et une entreprise

Avocat en succession et une entreprise au Québec

Lorsqu’un actionnaire d’une entreprise québécoise décède, les actions qu’il détenait font automatiquement partie de sa succession. En droit civil québécois, ces actions constituent des biens meubles visés par le patrimoine du défunt, conformément au Code civil du Québec (C.c.Q.). L’avocat en droit des successions doit alors identifier et évaluer ces actions, déterminer la structure juridique de l’entreprise, et s’assurer du respect des règles applicables tant en matière successorale que corporative.

Au décès, les héritiers ne deviennent pas immédiatement actionnaires. C’est le liquidateur de la succession qui exerce temporairement les droits rattachés aux actions jusqu’à ce que la transmission soit complétée. Il peut donc voter et percevoir les dividendes au nom de la succession, mais il ne peut pas nécessairement transférer les actions sans respecter les restrictions prévues par la loi ou par une convention entre actionnaires. Cette étape transitoire est essentielle pour assurer la continuité de l’entreprise pendant le règlement de la succession.

Les difficultés surviennent souvent lorsque les statuts de l’entreprise ou la convention entre actionnaires prévoient des clauses de rachat obligatoire ou des clauses d’agrément. Ces dispositions peuvent restreindre la transmission des actions aux héritiers, à moins d’obtenir le consentement des autres actionnaires ou de permettre à l’entreprise de racheter les actions. L’avocat doit examiner ces clauses avec soin afin de déterminer si les héritiers peuvent effectivement devenir actionnaires ou s’ils n’ont droit qu’à une compensation financière équivalente à la juste valeur marchande des actions.

Du point de vue des héritiers, leurs droits successoraux sont protégés, mais non absolus à l’égard de l’entreprise. Ils héritent de la valeur économique des actions, sans nécessairement pouvoir participer à la gestion de l’entreprise. Les autres actionnaires, pour leur part, ont un intérêt légitime à préserver le contrôle et la stabilité de l’entreprise, surtout dans le cas d’entreprises à capital fermé. L’avocat doit donc trouver un équilibre entre ces droits concurrents, souvent par la négociation ou par des mécanismes d’évaluation de la valeur des actions.

En définitive, l’avocat en succession joue un rôle de médiateur entre le droit des successions et le droit des affaires. Il veille à ce que l’administration de la succession respecte les volontés du défunt tout en maintenant la viabilité de la société. Ce travail exige la collaboration d’experts financiers et juridiques, et parfois l’intervention du tribunal, notamment en cas de litige sur la valeur ou la transmissibilité des actions. C’est un exercice délicat qui demande rigueur, diplomatie et maîtrise du cadre juridique québécois.

Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.

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