
Un avocat et une personne neurodivergente
Au Québec, le cadre juridique reconnaît les droits fondamentaux de toute personne, y compris celles qui sont neurodivergentes, notamment par la Charte des droits et libertés de la personne et le Code civil du Québec. La neurodivergence — incluant, par exemple, les troubles du spectre de l’autisme, le TDAH ou d’autres particularités cognitives — n’affecte pas en soi la capacité juridique. Toutefois, elle peut influencer la manière dont une personne comprend, communique et participe aux processus juridiques. L’avocat doit donc adapter sa pratique non seulement pour respecter l’équité procédurale, mais également l’obligation d’accommodement, particulièrement en matière d’accès à la justice.
Une personne neurodivergente peut rencontrer diverses difficultés dans la défense de ses droits. Cela peut inclure des défis liés à la compréhension du langage juridique complexe, une anxiété accrue dans des contextes contradictoires, des sensibilités sensorielles dans les salles d’audience ou encore des difficultés d’organisation (gestion des documents, respect des échéances). Des malentendus peuvent également survenir lors des témoignages ou des rencontres avec l’avocat, ce qui peut influencer l’appréciation de la crédibilité. De plus, le rythme et le formalisme des procédures judiciaires peuvent désavantager une personne ayant besoin de plus de temps ou de modalités de communication adaptées.
Le droit québécois prévoit certains mécanismes permettant d’atténuer ces difficultés. Les tribunaux disposent d’un pouvoir discrétionnaire pour adapter les procédures afin d’assurer l’équité, notamment en autorisant la présence d’une personne de soutien, en ajustant les horaires ou en facilitant des modes de témoignage alternatifs. En matière civile, le Code de procédure civile met de l’avant les principes de proportionnalité et de coopération, favorisant des approches adaptées. Par ailleurs, dans certains cas, des mesures d’assistance ou de protection, notamment par l’entremise du Curateur public du Québec, peuvent être envisagées, tout en respectant l’autonomie de la personne.
Pour l’avocat, représenter efficacement une personne neurodivergente implique des ajustements concrets. La communication doit être claire, structurée et exempte de jargon inutile. Des résumés écrits après les rencontres peuvent faciliter la compréhension. Il est utile de prévoir des échanges avec un ordre du jour précis et des échéanciers prévisibles, tout en demeurant flexible. L’avocat devrait également s’informer des préférences de communication du client et des accommodements nécessaires. Un environnement calme et respectueux favorise grandement la participation active du client.
En définitive, une relation avocat-client productive repose sur le respect, la patience et la collaboration. En reconnaissant la neurodivergence comme une différence et non une déficience, l’avocat contribue à une meilleure réalisation de ses obligations déontologiques et à un accès plus équitable à la justice. L’accommodement proactif bénéficie non seulement au client, mais également à l’intégrité du système judiciaire dans son ensemble.
Ce texte est fourni à titre d’information juridique uniquement. Si vous avez une question spécifique concernant votre situation personnelle, veuillez contacter un avocat.
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